Judo ou jiu-jitsu pour un enfant de six ans
J'enseigne les deux. La question que les parents posent — laquelle est la meilleure — n'a pas de réponse ; celle qu'ils devraient poser en a une.
Maxime Assedo
Professeur · Judo / JJB · 4e dan judo · ceinture noire JJB
Chaque rentrée, les mêmes conversations ont lieu au bord du tapis. Les parents veulent savoir laquelle des deux disciplines est la mieux adaptée, et beaucoup arrivent avec une idée fausse : que le judo serait le choix sage et le jiu-jitsu le choix aventureux.
Les deux sont des disciplines de préhension sans frappe, encadrées par des fédérations, pratiquées par des enfants de six ans depuis des décennies. La différence n'est pas là où on la cherche.
Ce que chaque discipline apprend à six ans
À cet âge, aucune des deux ne fait de la technique de combat au sens strict. Elles font de la coordination, de l'équilibre et du cadre. Mais elles n'y arrivent pas par le même chemin.
Le judo travaille debout et apprend à tomber
Le premier cours de judo ne commence jamais par une projection, il commence par les chutes. Cette compétence — l'ukemi — est la plus transférable de tout le sport enfant : elle protège au vélo, dans la cour, en ski. Le judo installe aussi un cadre très codifié, salut, ordre, silence, qui structure beaucoup d'enfants.
Le jiu-jitsu travaille au sol et apprend à résoudre
Le JJB enfants se joue presque entièrement au sol, ce qui retire la peur de la chute et l'écart de gabarit debout. L'enfant y apprend à se dégager d'une position inconfortable sans paniquer. C'est un apprentissage de patience plus que de force, et c'est ce qui le rend efficace contre le harcèlement physique.
La question qui décide vraiment
Ce n'est pas la discipline qui détermine si un enfant de six ans continue ou arrête au bout d'un trimestre. Ce sont trois choses, dans cet ordre.
L'horaire
Un créneau à 17h30 un mardi pour une famille qui sort de l'école à 17h ne tiendra pas jusqu'en janvier, quelle que soit la qualité du cours. Regardez le planning avant de regarder la discipline.
L'encadrant
À cet âge, l'enfant ne s'attache pas à une discipline, il s'attache à un adulte. Le diplôme de l'encadrant compte, sa façon de parler à un enfant de six ans compte davantage. Venez voir un cours avant d'inscrire.
Le tempérament de l'enfant
Un enfant qui a peur du contact rapproché sera plus à l'aise en judo, où l'échange est plus distant et plus codifié. Un enfant qui déteste être exposé au regard du groupe sera souvent plus à l'aise au sol, où personne ne regarde. C'est le seul critère où la réponse dépend vraiment de l'enfant.
Trois idées fausses tenaces
Elles reviennent toutes les rentrées et méritent d'être traitées directement.
« Le jiu-jitsu, c'est violent »
Il n'y a aucune frappe en jiu-jitsu brésilien, et les soumissions articulaires sont retirées ou très encadrées chez les enfants selon les fédérations. Un cours enfants ressemble beaucoup plus à un jeu de déplacement au sol qu'à un combat.
« Ça va le rendre bagarreur »
L'effet observé est l'inverse, et pour une raison mécanique : un enfant qui sait qu'il peut contrôler quelqu'un n'a plus besoin de le prouver dans la cour. Ce qui rend bagarreur, c'est le sentiment d'insécurité, pas la compétence.
« Il faut choisir maintenant »
Non. Beaucoup d'enfants font les deux, et les deux se nourrissent : le judo donne le debout, le jiu-jitsu donne le sol. Au club, l'adhésion ouvre toutes les disciplines sans supplément, ce qui rend le choix beaucoup moins engageant qu'il n'en a l'air.
Concrètement, à la rentrée
Les cours enfants démarrent à partir de six ans. Il n'y a pas de tenue à acheter avant le premier cours : un kimono de prêt existe à l'accueil, et l'achat se fait une fois que l'enfant a décidé qu'il revenait.
L'abonnement mensuel enfants est à 140 € et l'annuel à 800 €. La séance d'essai est à 25 € et se déduit de l'annuel en cas d'inscription.
Un dernier conseil, qui vaut pour les deux disciplines : ne demandez pas à votre enfant s'il a gagné. Demandez-lui ce qu'il a appris. La question qu'on pose en sortant du cours détermine largement le rapport qu'il aura au tapis pendant les dix années suivantes.
Questions
- À partir de quel âge un enfant peut-il commencer ?
- Six ans pour les cours enfants du club, en judo comme en jiu-jitsu. Avant cet âge, la capacité de concentration sur une consigne technique n'est en général pas encore installée.
- Le jiu-jitsu brésilien est-il dangereux pour un enfant ?
- Il n'y a pas de frappe, et les soumissions articulaires sont retirées ou strictement encadrées chez les enfants. Le risque est comparable à celui du judo, c'est-à-dire faible, et il tient surtout à l'encadrement et à la taille des groupes.
- Faut-il choisir entre le judo et le jiu-jitsu ?
- Non. Les deux sont complémentaires, le judo travaillant le debout et les chutes, le jiu-jitsu le sol. L'adhésion au club ouvre toutes les disciplines sans supplément, un enfant peut donc essayer les deux.
- Mon enfant est timide, est-ce une bonne idée ?
- C'est souvent le profil qui en tire le plus. Le tapis donne un cadre où les règles sont explicites et où le progrès est visible, ce qui rassure un enfant réservé bien plus qu'un sport collectif où il faut réclamer sa place.
Un club pour tout le monde Bienveillance & exigence
25 € la journée : un cours, ou plusieurs à la suite. Le montant est déduit de votre abonnement si vous vous inscrivez ensuite.