Votre premier cours de JJB heure par heure
Presque tout le monde arrive avec la même question : est-ce qu'on va me faire combattre tout de suite. La réponse est non, et voici ce qui se passe à la place.
Jean-Michel Lanternier
Mestre · JJB / MMA · Ceinture noire de jiu-jitsu brésilien
En onze ans, j'ai vu passer beaucoup de premiers cours. Le scénario que les gens redoutent — être jeté sur le tapis face à quelqu'un qui sait faire — n'arrive jamais. Ce qui arrive vraiment est plus banal et beaucoup moins inquiétant.
Ce guide décrit une séance réelle, dans l'ordre, avec les moments où un débutant se sent perdu et ce qu'il faut en faire. Il ne remplace pas le fait de venir voir ; il retire seulement l'inconnu.
Les quinze minutes avant le cours
Venez en avance. Pas pour vous échauffer, pour parler à quelqu'un. Dites à l'accueil que c'est votre premier cours : cette phrase change la façon dont la séance se déroule pour vous, parce qu'elle prévient le professeur et les partenaires avec qui vous allez travailler.
Le kimono est prêté pour les premières séances, il n'y a rien à acheter. Prenez un t-shirt de compression ou un t-shirt fin à porter dessous, une bouteille d'eau, et des tongs pour circuler entre le vestiaire et le tapis. Le tatami se garde propre : on ne marche jamais dessus avec les chaussures qui ont fait la rue.
Les ongles courts, les mains et les pieds propres, pas de bijoux. Ce ne sont pas des règles de politesse, ce sont les seules règles d'hygiène qui empêchent les griffures et les infections dans un sport où tout le monde se touche.
L'échauffement, ou apprendre à se déplacer allongé
Le cours commence par un salut, puis une quinzaine de minutes de mobilité et de déplacements au sol. C'est le moment le plus étrange de la séance pour un débutant : on vous demande de vous déplacer sur le dos, sur le côté, en pont, dans des positions que le corps n'a plus prises depuis l'enfance.
Ça paraît absurde et ça ne l'est pas. Le jiu-jitsu se joue au sol, et un pratiquant qui ne sait pas se déplacer allongé passe ses six premiers mois à dépenser trois fois plus d'énergie que nécessaire. Cet échauffement est déjà de la technique.
Personne ne vous regardera si vous êtes essoufflé au bout de cinq minutes. Une bonne moitié des débutants l'est.
La technique du jour
Le professeur montre une position et une ou deux réponses, en général trois fois : une fois en silence, une fois en détaillant, une fois à vitesse réelle. Puis vous répétez à deux, sans résistance.
Vous serez mis avec quelqu'un d'expérimenté, pas avec un autre débutant. C'est délibéré : un gradé sait ralentir, corriger un placement et signaler ce qui ne va pas sans que ça devienne une compétition. C'est la personne la plus utile du tapis pour vous ce jour-là.
Vous n'allez pas retenir la technique
C'est normal et ce n'est pas grave. Le premier mois sert à faire connaissance avec les positions, pas à les mémoriser. Ce qui reste après trois séances n'est presque jamais le mouvement montré, mais la sensation de la position.
Demandez plusieurs fois
Mieux vaut faire répéter trois fois que répéter cinquante fois un geste mal fait. Un mouvement mal ancré au début se corrige beaucoup plus lentement qu'il ne s'apprend.
Le sparring, et le droit de ne pas le faire
La séance se termine par des rounds de cinq minutes. C'est la partie qui inquiète, et c'est aussi celle où vous avez le plus de liberté : vous pouvez passer votre tour, les premières semaines, sans que personne ne le relève. Beaucoup de débutants regardent leurs deux ou trois premières séances de rounds avant de s'y mettre.
Quand vous vous y mettez, l'intensité se décide avec le partenaire avant de commencer, pas pendant. Une phrase suffit : « c'est ma première fois, on peut y aller doucement ». Personne n'a jamais répondu non à ça.
Le geste qui compte est celui de taper : deux ou trois frappes nettes de la main sur le partenaire ou sur le tapis, et tout s'arrête immédiatement. On tape tôt plutôt que tard. C'est la première chose qu'on apprend en jiu-jitsu et c'est ce qui rend la discipline sûre : il n'y a rien à prouver en encaissant une clé.
Et après
Vous aurez mal aux muscles que vous n'utilisez jamais, en général le haut du dos et les mains. Ça dure trois ou quatre jours la première fois, deux la deuxième, puis ça disparaît.
La séance d'essai est à 25 € et son montant se déduit de l'abonnement annuel si vous vous inscrivez ensuite. Rien n'oblige à décider le jour même : le tatami est ouvert de 6h à 23h, revenez voir un autre créneau si celui-là ne vous convenait pas.
Le seul conseil qui vaille au-delà du premier cours : venez trois fois avant de vous faire un avis. La première séance dit surtout comment vous vivez la nouveauté ; la troisième commence à dire si la discipline vous plaît.
Questions
- Faut-il être en forme pour un premier cours ?
- Non. Le premier mois sert à apprendre à respirer et à se déplacer au sol, pas à tenir un rythme. La condition physique arrive ensuite, comme conséquence de la pratique, jamais comme condition d'entrée.
- Que faut-il apporter au premier cours ?
- Un t-shirt fin à porter sous la veste, une bouteille d'eau, des tongs et de quoi vous doucher. Le kimono est prêté à l'accueil pour les premières séances.
- Est-ce qu'on se blesse au jiu-jitsu brésilien ?
- Il n'y a pas de coups, et toute soumission s'arrête dès que le partenaire tape. Le risque tient aux articulations et il se gère en tapant tôt. Les blessures sérieuses viennent presque toujours d'un pratiquant qui refuse d'abandonner une position perdue.
- Je n'ai jamais fait de sport de combat, est-ce un problème ?
- Non, et c'est même le cas de la majorité des inscriptions adultes. Le jiu-jitsu est la discipline la plus accessible du club pour quelqu'un qui part de zéro, parce qu'il n'y a rien à encaisser.
Un club pour tout le monde Bienveillance & exigence
25 € la journée : un cours, ou plusieurs à la suite. Le montant est déduit de votre abonnement si vous vous inscrivez ensuite.